Germinal
Zola, Émile, 1840-1902
French
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Below is a summary of Germinal
This eBook was produced by Carlo Traverso.
Author: Emile Zola
Title: Germinal
Remark: n. 13 of "Les Rougon-Macquart"
Language: French
Encoding: ISO-8859-1
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Emile Zola
Germinal
Premiere Partie
I
Dans la plaine rase, sous la nuit sans etoiles, d'une obscurite et
d'une epaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de
Marchiennes a Montsou, dix kilometres de pave coupant tout droit, a
travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait meme pas
le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que
par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une
mer, glacees d'avoir balaye des lieues de marais et de terres nues.
Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pave se deroulait avec la
rectitude d'une jetee, au milieu de l'embrun aveuglant des tenebres.
L'homme etait parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un
pas allonge, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son
pantalon de velours. Un petit paquet, noue dans un mouchoir a
carreaux, le genait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs,
tantot d'un coude, tantot de l'autre, pour glisser au fond de ses
poches les deux mains a la fois, des mains gourdes que les lanieres du
vent d'est faisaient saigner. Une seule idee occupait sa tete vide
d'ouvrier sans travail et sans gite, l'espoir que le froid serait
moins vif apres le lever du jour. Depuis une heure, il avancait
ainsi, lorsque sur la gauche, a deux kilometres de Montsou, il apercut
des feux rouges, trois brasiers brulant au plein air, et comme
suspendus. D'abord, il hesita, pris de crainte; puis, il ne put
resister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Un chemin creux s'enfoncait. Tout disparut. L'homme avait a droite
une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie
ferree; tandis qu'un talus d'herbe s'elevait a gauche, surmonte de
pignons confus, d'une vision de village aux toitures basses et
uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, a un coude du
chemin, les feux reparurent pres de lui, sans qu'il comprit davantage
comment ils brulaient si haut dans le ciel mort, pareils a des lunes
fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de
l'arreter. C'etait une masse lourde, un tas ecrase de constructions,
d'ou se dressait la silhouette d'une cheminee d'usine; de rares lueurs
sortaient des fenetres encrassees, cinq ou six lanternes tristes
etaient pendues dehors, a des charpentes dont les bois noircis
alignaient vaguement des profils de treteaux gigantesques; et, de
cette apparition fantastique, noyee de nuit et de fumee, une seule
voix montait, la respiration grosse et longue d'un echappement de
vapeur, qu'on ne voyait point.
Alors, l'homme reconnut une fosse. Il fut repris de honte: a quoi
bon? il n'y aurait pas de travail. Au lieu de se diriger vers les
batiments, il se risqua enfin a gravir le terri sur lequel brulaient
les trois feux de houille, dans des corbeilles de fonte, pour eclairer
et rechauffer la besogne. Les ouvriers de la coupe a terre avaient du
travailler tard, on sortait encore les debris inutiles. Maintenant,
il entendait les moulineurs pousser les trains sur les treteaux, il
distinguait des ombres vivantes culbutant les berlines, pres de chaque
feu.
--Bonjour, dit-il en s'approchant d'une des corbeilles.
Tournant le dos au brasier, le charretier etait debout, un vieillard
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