Search
Search by:

Language:



Title:

Author:

Keyword:

Library of Lost Books
Privately Published Books
Academic Papers & Technical Manuals



Browse By Title:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Browse By Author:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Therese Raquin

Zola, Émile, 1840-1902

French



Standard Print£10.00
Large Print£14.00

We will print you a perfectly bound paperback of your selected title and send it to you at your nominated address


Below is a summary of Therese Raquin








ÉMILE ZOLA

THÉRÈSE RAQUIN





I


Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu'on vient des quais, on trouve le
passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de
la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et
deux de large, au plus; il est pavé de dalles jaunâtres, usées,
descellées, suant toujours une humidité acre; le vitrage qui le
couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.

Par les beaux jours d'été, quand un lourd soleil brûle les rues, une
clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans
le passage. Par les vilains jours d'hiver, par les matinées de
brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dailes
gluantes, de la nuit salie et ignoble.

A gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées,
laissant échapper des souffles froids de caveau. Il y a là des
bouquinistes, des marchands de jouets d'enfants, des cartonniers, dont
les étalages gris de poussière dorment vaguement dans l'ombre; les
vitrines, faites de petits carreaux, moirent étrangement les
marchandises de reflets verdâtres; au delà, derrière les étalages, les
boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans
lesquels s'agitent des formes bizarres.

A droite, sur toute la longueur du passage, s'étend une muraille
contre laquelle les boutiquiers d'en face ont plaqué d'étroites
armoires; des objets sans nom, des marchandises oubliées là depuis
vingt ans s'y étalent le long de minces planches peintes d'une
horrible couleur brune. Une marchande de bijoux faux s'est établie
dans l'une des armoires; elle y vend des bagues de quinze sous,
délicatement posées sur un lit de velours bleu, au fond d'une boîte en
acajou.

Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie,
comme couverte d'une lèpre et toute couturée de cicatrices.

Le passage du Pont-Neuf n'est pas un lieu de promenade. On le prend
pour éviter un détour, pour gagner quelques minutes. Il est traversé
par un public de gens affairés dont l'unique souci est d'aller vite et
droit devant eux. On y voit des apprentis en tablier de travail, des
ouvrières reportant leur ouvrage, des hommes et des femmes tenant des
paquets sous leur bras; on y voit encore des vieillards se traînant
dans le crépuscule morne qui tombe des vitres, et des bandes de petits
enfants qui viennent là au sortir de l'école, pour faire du tapage en
courant, en tapant à coups de sabots sur les dalles. Toute la journée,
c'est un bruit sec et pressé de pas sonnant sur la pierre avec une
irrégularité irritante; personne ne parle, personne ne stationne;
chacun court à ses occupations, la tête basse, marchant rapidement,
sans donner aux boutiques un seul coup d'oeil. Les boutiquiers
regardent d'un air inquiet les passants qui, par miracle, s'arrêtent
devant leurs étalages.

Le soir, trois becs de gaz, enfermés dans des lanternes lourdes et
carrées, éclairent le passage. Ces becs de gaz, pendus aux vitrages
sur lesquels ils jettent des taches de clarté fauve, laissent tomber
autour d'eux des ronds d'une lueur pâle qui vacillent et semblent
disparaître par instants. Le passage prend l'aspect sinistre d'un
véritable coupe-gorge; de grandes ombres s'allongent sur les dalles,
des souffles humides viennent de la rue; on dirait une galerie
souterraine vaguement éclairée par trois lampes funéraires. Les
marchands se contentent, pour tout éclairage, des maigres rayons que
les becs de gaz envoient à leurs vitrines; ils allument seulement,
dans leur boutique, une lampe munie d'un abat-jour, qu'ils posent sur
un coin de leur comptoir, et les passants peuvent alors distinguer ce
qu'il y a au fond de ces trous où la nuit habite pendant le jour. Sur
la ligne noirâtre des devantures, les vitres d'un cartonnier
flamboient: deux lampes à schiste trouent l'ombre de deux flammes
jaunes. Et, de l'autre côté, une bougie, plantée au milieu d'un verre
à quinquet, met des étoiles de lumière dans la boite de bijoux faux.
La marchande sommeille au fond de son armoire, les mains cachées sous
son châle.

Il y a quelques années, en face de cette marchande, se trouvait une
boutique dont les boiseries d'un vert bouteille suaient l'humidité par
toutes leurs fentes. L'enseigne, faite d'une planche étroite et
longue, portait, en lettres noires, le mot: _Mercerie_, et sur une des
vitres de la porte était écrit un nom de femme: _Thérèse Raquin_, en
caractères rouges. A droite et à gauche s'enfonçaient des vitrines
profondes, tapissées de papier bleu.

Pendant le jour, le regard ne pouvait distinguer que l'étalage dans un
clair-obscur adouci.

D'un côté, il y avait un peu de lingerie: des bonnets de tulle

Back
Your Defaults
Currency
Login
You are currently not signed in.

If you have an account with us already, please follow the link below to login. Click here to login

If you are a first time customer, an account will be created when you visit the checkout for the first time.

Listen here to our appearance on radio 5Live.

Terms and conditions
Limited Liability Partnership No. OC 317068
Vat No. 875 8524 74

Tel:+44 207 476 3561