Le Docteur Pascal
Zola, Émile, 1840-1902
French
We will print you a perfectly bound paperback of your selected title and send it to you at your nominated address
Below is a summary of Le Docteur Pascal
LES ROUGON-MACQUART
HISTOIRE NATURELLE ET SOCIALE
D'UNE FAMILLE SOUS LE SECOND EMPIRE
LE
DOCTEUR PASCAL
PAR
EMILE ZOLA
_A la Memoire
de
MA MERE
et a
MA CHERE FEMME
Je dedie ce roman
qui est le resume et la conclusion
de toute mon oeuvre_
LE DOCTEUR PASCAL
I
Dans la chaleur de l'ardente apres-midi de juillet, la salle, aux volets
soigneusement clos, etait pleine d'un grand calme. Il ne venait, des trois
fenetres, que de minces fleches de lumiere, par les fentes des vieilles
boiseries; et c'etait, au milieu de l'ombre, une clarte tres douce,
baignant les objets d'une lueur diffuse et tendre. Il faisait la
relativement frais, dans l'ecrasement torride qu'on sentait au dehors, sous
le coup de soleil qui incendiait la facade.
Debout devant l'armoire, en face des fenetres, le docteur Pascal cherchait
une note, qu'il y etait venu prendre. Grande ouverte, cette immense armoire
de chene sculpte, aux fortes et belles ferrures, datant du dernier siecle,
montrait sur ses planches, dans la profondeur de ses flancs, un amas
extraordinaire de papiers, de dossiers, de manuscrits, s'entassant,
debordant, pele-mele. Il y avait plus de trente ans que le docteur y jetait
toutes les pages qu'il ecrivait, depuis les notes breves jusqu'aux textes
complets de ses grands travaux sur l'heredite. Aussi les recherches n'y
etaient-elles pas toujours faciles. Plein de patience, il fouillait, et il
eut un sourire, quand il trouva enfin.
Un instant encore, il demeura pres de l'armoire, lisant la note, sous un
rayon dore qui tombait de la fenetre du milieu. Lui-meme, dans cette clarte
d'aube, apparaissait, avec sa barbe et ses cheveux de neige, d'une solidite
vigoureuse bien qu'il approchat de la soixantaine, la face si fraiche, les
traits si fins, les yeux restes limpides, d'une telle enfance, qu'on
l'aurait pris, serre dans son veston de velours marron, pour un jeune homme
aux boucles poudrees.
--Tiens! Clotilde, finit-il par dire, tu recopieras cette note. Jamais
Ramond ne dechiffrerait ma satanee ecriture.
Et il vint poser le papier pres de la jeune fille, qui travaillait debout
devant un haut pupitre, dans l'embrasure de la fenetre de droite.
--Bien, maitre! repondit-elle.
Elle ne s'etait pas meme retournee, tout entiere au pastel qu'elle sabrait
en ce moment de larges coups de crayon. Pres d'elle, dans un vase,
fleurissait une tige de roses tremieres, d'un violet singulier, zebre de
jaune. Mais on voyait nettement le profil de sa petite tete ronde, aux
cheveux blonds et coupes court, un exquis et serieux profil, le front
droit, plisse par l'attention, l'oeil bleu ciel, le nez fin, le menton
ferme. Sa nuque penchee avait surtout une adorable jeunesse, d'une
Back