La Bête Humaine
Zola, Émile, 1840-1902
French
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Below is a summary of La Bête Humaine
This eBook was produced by Carlo Traverso.
This is #17 in Zola's "Les Rougon-Macquart" series.
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LES ROUGON-MACQUART
Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire
LA BETE HUMAINE
EMILE ZOLA
I
En entrant dans la chambre, Roubaud posa sur la table le pain
d'une livre, le pate et la bouteille de vin blanc. Mais, le
matin, avant de descendre a son poste, la mere Victoire avait du
couvrir le feu de son poele, d'un tel poussier, que la chaleur
etait suffocante. Et le sous-chef de gare, ayant ouvert une
fenetre, s'y accouda.
C'etait impasse d'Amsterdam, dans la derniere maison de droite,
une haute maison ou la Compagnie de l'Ouest logeait certains de
ses employes. La fenetre, au cinquieme, a l'angle du toit
mansarde qui faisait retour, donnait sur la gare, cette tranchee
large trouant le quartier de l'Europe, tout un deroulement
brusque de l'horizon, que semblait agrandir encore, cet
apres-midi-la, un ciel gris du milieu de fevrier, d'un gris
humide et tiede, traverse de soleil.
En face, sous ce poudroiement de rayons, les maisons de la rue de
Rome se brouillaient, s'effacaient, legeres. A gauche, les
marquises des halles couvertes ouvraient leurs porches geants,
aux vitrages enfumes, celle des grandes lignes, immense, ou
l'oeil plongeait, et que les batiments de la poste et de la
bouillotterie separaient des autres, plus petites, celles
d'Argenteuil, de Versailles et de la Ceinture; tandis que le pont
de l'Europe, a droite, coupait de son etoile de fer la tranchee,
que l'on voyait reparaitre et filer au-dela, jusqu'au tunnel des
Batignolles. Et, en bas de la fenetre meme, occupant tout le
vaste champ, les trois doubles voies qui sortaient du pont, se
ramifiaient, s'ecartaient en un eventail dont les branches de
metal, multipliees, innombrables, allaient se perdre sous les
marquises. Les trois postes d'aiguilleur, en avant des arches,
montraient leurs petits jardins nus. Dans l'effacement confus
des wagons et des machines encombrant les rails, un grand signal
rouge tachait le jour pale.
Pendant un instant, Roubaud s'interessa, comparant, songeant a sa
gare du Havre. Chaque fois qu'il venait de la sorte passer un
jour a Paris, et qu'il descendait chez la mere Victoire, le
metier le reprenait. Sous la marquise des grandes lignes,
l'arrivee d'un train de Mantes avait anime les quais; et il
suivit des yeux la machine de manoeuvre, une petite
machine-tender, aux trois roues basses et couplees, qui
commencait le debranchement du train, alerte besogneuse,
emmenant, refoulant les wagons sur les voies de remisage. Une
autre machine, puissante celle-la, une machine d'express, aux
deux grandes roues devorantes, stationnait seule, lachait par sa
cheminee une grosse fumee noire, montant droit, tres lente dans
l'air calme. Mais toute son attention fut prise par le train de
trois heures vingt-cinq, a destination de Caen, empli deja de ses
voyageurs, et qui attendait sa machine. Il n'apercevait pas
celle-ci, arretee au-dela du pont de l'Europe; il l'entendait
seulement demander la voie, a legers coups de sifflet presses, en
personne que l'impatience gagne. Un ordre fut crie, elle
repondit par un coup bref qu'elle avait compris. Puis, avant la
mise en marche, il y eut un silence, les purgeurs furent ouverts,
la vapeur siffla au ras du sol, en un jet assourdissant. Et il
vit alors deborder du pont cette blancheur qui foisonnait,
tourbillonnante comme un duvet de neige, envolee a travers les
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