L alouette du casque - Victoria, la mère des camps
Sue, Eugène, 1804-1857
French
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Below is a summary of L alouette du casque - Victoria, la mère des camps
Eugène Sue
L'ALOUETTE DU CASQUE
ou
Victoria la mère des camps.
(1866)
_Ce roman fait partie du tome III des Mystères du peuple
ou
l'Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges_
Table des matières
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE PREMIER
Moi, descendant de Joël, le brenn de la tribu de Karnak; moi,
_Scanvoch_, redevenu libre par le courage de mon père _Ralf_ et
les vaillantes insurrections gauloises, armées de siècles en
siècle, j'écris ceci deux cent soixante-quatre ans après que mon
aïeule Geneviève, femme de Fergan, a vu mourir, en Judée, sur le
Calvaire, Jésus de Nazareth.
J'écris ceci cent trente-quatre ans après que _Gomer_, fils de
_Judicaël_ et petit-fils de Fergan, esclave comme son père et son
grand-père, écrivait à son fils _Médérik_ qu'il n'avait à ajouter
que le monotone récit de sa vie d'esclave à l'histoire de notre
famille.
Médérik, mon aïeul, n'a rien ajouté non plus à notre légende; son
fils _Justin_ y avait fait seulement tracer ces mots par une main
étrangère:
«Mon père Médérik est mort esclave, combattant, comme _Enfant du
Gui_, pour la liberté de la Gaule. Moi, son fils Justin, colon du
fisc, mais non plus esclave, j'ai fait consigner ceci sur les
parchemins de notre famille; je les transmettrai fidèlement à mon
fils _Aurel_, ainsi que la _faucille d'or, la clochette d'airain,
le morceau de collier de fer_ et _la petite croix d'argent_, que
j'ai pu conserver.»
Aurel, fils de Justin, colon comme son père, n'a pas été plus
lettré que lui; une main étrangère avait aussi tracé ces mots à la
suite de notre légende:
«Ralf, fils d'Aurel, le colon, s'est battu pour l'indépendance de
son pays; Ralf, devenu tout à fait libre par la force des armes
gauloises, a été aussi obligé de prier un ami de tracer ces mots
sur nos parchemins pour y constater la mort de son père Aurel. Mon
fils Scanvoch, plus heureux que moi, pourra, sans recourir à une
main étrangère, écrire dans nos récits de famille la date de ma
mort, à moi, Ralf, le premier homme de la descendance de Joël, le
brenn de la tribu Karnak, qui ait reconquis une entière liberté.»
Moi, donc, Scanvoch, fils d'Aurel, j'ai effacé de notre légende et
récit moi-même les lignes précédentes, jadis tracées par la main
d'autrui, qui mentionnaient la mort et les noms des nos aïeux,
Justin, Aurel, Ralf. Ces trois générations remontaient à Médérik,
fils de Gomer, lequel était fils de Judicaël et petit-fils de
Fergan, dont la femme Geneviève a vu mettre à mort, en Judée,
Jézus de Nazareth, il y a aujourd'hui deux cent soixante-quatre
ans.
Mon père Ralf m'a aussi remis nos saintes reliques à nous:
_La petite faucille d'or_ de notre aïeule Hêna, la vierge de
l'île de Sên;
_La clochette d'airain_ laissée par notre aïeul Guilhern, le
seul survivant des nôtres à la grande bataille de Vannes; jour
funeste, duquel a daté l'asservissement de la Gaule par César, il
y a aujourd'hui trois cent vingt ans;
_Le collier de fer_, signe de la cruelle servitude de notre
aïeul Sylvest;
_La petite croix d'argent_ que nous a léguée notre aïeule
Geneviève, témoin de la mort de Jésus de Nazareth.
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