Valentine
Sand, George, 1804-1876
French
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Below is a summary of Valentine
generously made available by the Bibliothèque nationalede France (BnF/Gallica)
LIBRAIRIE BLANCHARD
rue RICHELIEU, 78
ÉDITION J. HETZEL
LIBRAIRIE MARESCQ ET Cie
5, RUE DU PONT-De-LODI
1832

VALENTINE
par
George SAND
NOTICE
Valentine est le second roman que j'aie publié, après Indiana, qui eutun succès littéraire auquel j'étais loin de m'attendre; je retournais dansle Berri en 1832, et je me plus à peindre la nature que j'avais sous lesyeux depuis mon enfance. Dès ces jours-là , j'avais éprouvé le besoin dela décrire; mais, par un phénomène qui accompagne toutes les émotionsprofondes, dans l'ordre moral comme dans l'ordre intellectuel, c'est cequ'on désire le plus manifester, qu'on ose le moins aborder en public. Cepauvre coin du Berri, cette Vallée-Noire si inconnue, ce paysage sansgrandeur, sans éclat, qu'il faut chercher pour le trouver, et chérir pourl'admirer, c'était le sanctuaire de mes premières, de mes longues, de mescontinuelles rêveries. Il y avait vingt-deux ans que je vivais dans cesarbres mutilés, dans ces chemins raboteux, le long de ces buissonsincultes, au bord de ces ruisseaux dont les rives ne sont praticablesqu'aux enfants et aux troupeaux. Tout cela n'avait de charmes que pourmoi, et ne méritait pas d'être révélé aux indifférents. Pourquoi trahirl'incognito de cette contrée modeste qu'aucun grand souvenir historique,qu'aucun grand site pittoresque, ne signalent à l'intérêt ou à lacuriosité? Il me semblait que la Vallée-Noire c'était moi-même, c'étaitle cadre, le vêtement de ma propre existence, et il y avait si loin de là à une toilette brillante et faite pour attirer les regards! Si j'avaiscompté sur le retentissement de mes œuvres, je crois que j'eusse voiléavec jalousie ce paysage comme un sanctuaire, où, seul jusque-là ,peut-être, j'avais promené une pensée d'artiste, une rêverie de poète;mais je n'y comptais pas, je n'y pensais même pas du tout. J étais obligéd'écrire et j'écrivais. Je me laissais entraîner au charme secret répandudans l'air presque natal dont j'étais enveloppé. La partie descriptive demon roman fut goûtée. La fable souleva des critiques assez vives sur laprétendue doctrine anti-matrimoniale que j'avais déjà proclamée, disait-on,dans Indiana. Dans l'un et l'autre roman j'avais montré les dangers etles douleurs des unions mal assorties. Il paraît que, croyant faire de laprose, j'avais fait du saint-simonisme sans le savoir. Je n'en étais pasalors à réfléchir sur les misères sociales. J'étais encore trop jeunepour voir et constater autre chose que des faits. J'en serais peut-êtretoujours resté là , grâce à mon indolence naturelle et à cet amour deschoses extérieures qui est le bonheur et l'infirmité des artistes, sil'on ne m'eût poussé, par des critiques un peu pédantesques, à réfléchirdavantage et à m'inquiéter des causes premières, dont je n'avais jusque-là saisi que les effets. Mais on m'accusa si aigrement de vouloir fairel'esprit fort et le philosophe, que je me posai un jour cette question:«Voyons donc ce que c'est que la philosophie!»
GEORGE SAND.
Paris, 27 mars 1832.
PREMIÈRE PARTIE.
I.
La partie sud-est du Berry renferme quelques lieues d'un payssingulièrement pittoresque. La grande route qui le traverse dans ladirection de Paris à Clermont étant bordée des terres les plus habitées,il est difficile au voyageur de soupçonner la beauté des sites quil'avoisinent. Mais à celui qui, cherchant l'ombre et le silence,s'enfoncerait dans un de ces chemins tortueux et encaissés qui débouchent
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