Scènes de la vie de bohème
Murger, Henry, 1822-1861
French
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Below is a summary of Scènes de la vie de bohème
[Note du transcripteur: Cette oeuvre, adaptée en pièce de théâtre en1849, et en livre en 1851, est aussi à l'origine de deux opéras (aveclibretti en Italien): «La Bohème» de Ruggero Leoncavallo (1897) et lemieux connu, «La Bohème» de Giacomo Puccini (1896).]
SCÈNES DE LA VIE DE BOHÈME
Henry Murger
M. Levy
1869
Les bohèmes dont il est question dans ce livre n'ont aucun rapport avecles bohèmes dont les dramaturges du boulevard ont fait les synonymes defilous et d'assassins. Ils ne se recrutent pas davantage parmi lesmontreurs d'ours, les avaleurs de sabres, les marchands de chaînes desûreté, les professeurs d'à tout coup l'on gagne, les négociants desbas-fonds de l'agio, et mille autres industriels mystérieux et vaguesdont la principale industrie est de n'en point avoir, et qui sonttoujours prêts à tout faire, excepté le bien.
La Bohème dont il s'agit dans ce livre n'est point une race néed'aujourd'hui, elle a existé de tout temps et partout, et peutrevendiquer d'illustres origines. Dans l'antiquité grecque, sansremonter plus haut dans cette généalogie, exista un bohème célèbre qui,en vivant au hasard du jour le jour parcourait les campagnes de l'Ionieflorissante en mangeant le pain de l'aumône, et s'arrêtait le soir poursuspendre au foyer de l'hospitalité la lyre harmonieuse qui avait chantéles Amours d'Hélène et la Chute de Troie. En descendant l'échelledes âges, la Bohème moderne retrouve des aïeux dans toutes les époquesartistiques et littéraires. Au moyen âge elle continue la traditionhomérique avec les ménestrels et les improvisateurs, les enfants du gaisavoir, tous les vagabonds mélodieux des campagnes de la Touraine;toutes les muses errantes qui, portant sur le dos la besace dunécessiteux et la harpe du trouvère, traversaient, en chantant, lesplaines du beau pays, où devait fleurir l'églantine de Clémence Isaure.
À l'époque qui sert de transition entre les temps chevaleresques etl'aurore de la renaissance, la Bohème continue à courir tous les cheminsdu royaume, et déjà un peu les rues de Paris. C'est maître PierreGringoire, l'ami des truands et l'ennemi du jeûne; maigre et affamécomme peut l'être un homme dont l'existence n'est qu'un long carême, ilbat le pavé de la ville, le nez au vent tel qu'un chien qui lève,flairant l'odeur des cuisines et des rôtisseries; ses yeux pleins deconvoitises gloutonnes, font maigrir, rien qu'en les regardant, lesjambons pendus aux crochets des charcutiers, tandis qu'il fait sonner,dans son imagination, et non dans ses poches, hélas! Les dix écus quelui ont promis messieurs les échevins en payement de la très-pieuse etdévote sotie qu'il a composée pour le théâtre de la salle du palais dejustice. À côté de ce profil dolent et mélancolique de l'amoureuxd'Esméralda, les chroniques de la Bohème peuvent évoquer un compagnond'humeur moins ascétique et de figure plus réjouie; c'est maître
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