Colomba
Mérimée, Prosper, 1803-1870
French
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Below is a summary of Colomba
Prosper Mérimée
COLOMBA
(1840)
Table des matières
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
VIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
I
Pè far la to vandetta,
Sta sigur', vasta anche ella.
VOCERO DU NIOLO.
Dans les premiers jours du mois d'octobre 181., le colonel Sir
Thomas Nevil, Irlandais, officier distingué de l'armée anglaise,
descendit avec sa fille à l'hôtel Beauvau, à Marseille, au retour
d'un voyage en Italie. L'admiration continue des voyageurs
enthousiastes a produit une réaction, et, pour se singulariser,
beaucoup de touristes aujourd'hui prennent pour devise le nil
admirari d'Horace. C'est à cette classe de voyageurs mécontents
qu'appartenait miss Lydia, fille unique du colonel. La
Transfiguration lui avait paru médiocre, le Vésuve en éruption à
peine supérieur aux cheminées des usines de Birmingham. En somme,
sa grande objection contre l'Italie était que ce pays manquait de
couleur locale, de caractère. Explique qui pourra le sens de ces
mots, que je comprenais fort bien il y a quelques années, et que
je n'entends plus aujourd'hui. D'abord, miss Lydia s'était flattée
de trouver au-delà des Alpes des choses que personne n'aurait vues
avant elle, et dont elle pourrait parler «avec les honnêtes gens»,
comme dit M. Jourdain. Mais bientôt, partout devancée par ses
compatriotes et désespérant de rencontrer rien d'inconnu, elle se
jeta dans le parti de l'opposition. Il est bien désagréable, en
effet, de ne pouvoir parler des merveilles de l'Italie sans que
quelqu'un ne vous dise: «Vous connaissez sans doute ce Raphaël du
palais ***, à ***? C'est ce qu'il y a de plus beau en Italie.» --
Et c'est justement ce qu'on a négligé de voir. Comme il est trop
long de tout voir, le plus simple c'est de tout condamner de parti
pris.
À l'hôtel Beauvau, miss Lydia eut un amer désappointement. Elle
rapportait un joli croquis de la porte pélasgique ou cyclopéenne
de Segni, qu'elle croyait oubliée par les dessinateurs. Or, lady
Frances Fenwich, la rencontrant à Marseille, lui montra son album,
où, entre un sonnet et une fleur desséchée, figurait la porte en
question, enluminée à grand renfort de terre de Sienne. Miss Lydia
donna la porte de Segni à sa femme de chambre, et perdit toute
estime pour les constructions pélasgiques.
Ces tristes dispositions étaient partagées par le colonel Nevil,
qui, depuis la mort de sa femme, ne voyait les choses que par les
yeux de miss Lydia. Pour lui, l'Italie avait le tort immense
d'avoir ennuyé sa fille, et par conséquent c'était le plus
ennuyeux pays du monde. Il n'avait rien à dire, il est vrai,
contre les tableaux et les statues; mais ce qu'il pouvait assurer,
c'est que la chasse était misérable dans ce pays-là, et qu'il
fallait faire dix lieues au grand soleil dans la campagne de Rome
pour tuer quelques méchantes perdrix rouges.
Le lendemain de son arrivée à Marseille, il invita à dîner le
capitaine Ellis, son ancien adjudant, qui venait de passer six
semaines en Corse. Le capitaine raconta fort bien à miss Lydia une
histoire de bandits qui avait le mérite de ne ressembler nullement
aux histoires de voleurs dont on l'avait si souvent entretenue sur
la route de Rome à Naples. Au dessert, les deux hommes, restés
seuls avec des bouteilles de vin de Bordeaux, parlèrent chasse, et
le colonel apprit qu'il n'y a pas de pays où elle soit plus belle
qu'en Corse, plus variée, plus abondante. «On y voit force
sangliers, disait le capitaine Ellis, et il faut apprendre à les
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