Search
Search by:

Language:



Title:

Author:

Keyword:

Library of Lost Books
Privately Published Books
Academic Papers & Technical Manuals



Browse By Title:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Browse By Author:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Quatrevingt-Treize

Hugo, Victor, 1802-1885

French



Standard Print£10.00
Large Print£14.00

We will print you a perfectly bound paperback of your selected title and send it to you at your nominated address


Below is a summary of Quatrevingt-Treize






VICTOR HUGO


QUATREVINGT-TREIZE




PREMIERE PARTIE


EN MER




LIVRE PREMIER



LE BOIS DE LA SAUDRAIE

Dans les derniers jours de mai 1793, un des bataillons parisiens amenes en
Bretagne par Santerre fouillait le redoutable bois de la Saudraie en
Astille. On n'etait pas plus de trois cents, car le bataillon etait decime
par cette rude guerre. C'etait l'epoque ou, apres l'Argonne, Jemmapes et
Valmy, du premier bataillon de Paris, qui etait de six cents volontaires,
il restait vingt-sept hommes, du deuxieme trente-trois, et du troisieme
cinquante-sept. Temps des luttes epiques.

Les bataillons envoyes de Paris en Vendee comptaient neuf cent douze
hommes. Chaque bataillon avait trois pieces de canon. Ils avaient ete
rapidement mis sur pied. Le 25 avril, Gohier etant ministre de la justice
et Bouchotte etant ministre de la guerre, la section du Bon-Conseil avait
propose d'envoyer des bataillons de volontaires en Vendee; le membre
de la commune Lubin avait fait le rapport; le 1er mai, Santerre etait pret
a faire partir douze mille soldats, trente pieces de campagne et un
bataillon de canonniers. Ces bataillons, faits si vite, furent si bien
faits, qu'ils servent aujourd'hui de modeles; c'est d'apres leur mode de
composition qu'on forme les compagnies de ligne, ils ont change
l'ancienne proportion entre le nombre des soldats et le nombre des
sous-officiers.

Le 28 avril, la commune de Paris avait donne aux volontaires de Santerre
cette consigne: _Point de grace. Point de quartier_. A la fin de mai, sur
les douze mille partis de Paris, huit mille etaient morts.

Le bataillon engage dans le bois de la Saudraie se tenait sur ses gardes.
On ne se hatait point. On regardait a la fois a droite et a gauche, devant
soi et derriere soi; Kleber a dit: _Le soldat a un oeil dans le dos_. Il y
avait longtemps qu'on marchait. Quelle heure pouvait-il etre? a quel moment
du jour en etait-on? Il eut ete difficile de le dire, car il y a toujours
une sorte de soir dans de si sauvages halliers, et il ne fait jamais clair
dans ce bois-la.

Le bois de la Saudraie etait tragique. C'etait dans ce taillis que, des le
mois de novembre 1792, la guerre civile avait commence ses crimes;
Mousqueton, le boiteux feroce, etait sorti de ces epaisseurs funestes; la
quantite de meurtres qui s'etaient commis la faisait dresser les cheveux.
Pas de lieu plus epouvantable. Les soldats s'y enfoncaient avec precaution.
Tout etait plein de fleurs; on avait autour de soi une tremblante muraille
de branches d'ou tombait la charmante fraicheur des feuilles; des rayons de
soleil trouaient ca et la ces tenebres vertes; a terre, le glaieul, la
flambe des marais, le narcisse des pres, la genotte, cette petite fleur qui
annonce le beau temps, le safran printanier, brodaient et passementaient un
profond tapis de vegetation ou fourmillaient toutes les formes de la
mousse, depuis celle qui ressemble a la chenille jusqu'a celle qui
ressemble a l'etoile. Les soldats avancaient pas a pas, en silence, en
ecartant doucement les broussailles. Les oiseaux gazouillaient au-dessus
des bayonnettes.

La Saudraie etait un de ces halliers ou jadis, dans les temps paisibles, on
avait fait la Houiche-ba, qui est la chasse aux oiseaux pendant la nuit;
maintenant on y faisait la chasse aux hommes.

Le taillis etait tout de bouleaux, de hetres et de chenes; le sol plat; la
mousse et l'herbe epaisse amortissaient le bruit des hommes en marche;
aucun sentier, ou des sentiers tout de suite perdus; des houx, des
prunelliers sauvages, des fougeres, des haies d'arrete-boeuf, de hautes
ronces; impossibilite de voir un homme a dix pas. Par instants passait dans
le branchage un heron ou une poule d'eau indiquant le voisinage des marais.

On marchait. On allait a l'aventure, avec inquietude, et en craignant de
trouver ce qu'on cherchait.

De temps en temps on rencontrait des traces de campements, des places
brulees, des herbes foulees, des batons en croix, des branches sanglantes.
La on avait fait la soupe, la on avait dit la messe, la ou avait panse des
blesses. Mais ceux qui avaient passe avaient disparu. Ou etaient-ils? Bien
loin peut-etre? peut-etre la tout pres, caches, l'espingole au poing? Le
bois semblait desert. Le bataillon redoublait de prudence. Solitude, donc
defiance. On ne voyait personne; raison de plus pour redouter quelqu'un. On
avait affaire a une foret mal famee.

Une embuscade etait probable.

Back
Your Defaults
Currency
Login
You are currently not signed in.

If you have an account with us already, please follow the link below to login. Click here to login

If you are a first time customer, an account will be created when you visit the checkout for the first time.

Listen here to our appearance on radio 5Live.

Terms and conditions
Limited Liability Partnership No. OC 317068
Vat No. 875 8524 74

Tel:+44 207 476 3561