Search
Search by:

Language:



Title:

Author:

Keyword:

Library of Lost Books
Privately Published Books
Academic Papers & Technical Manuals



Browse By Title:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Browse By Author:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


De l'importance des livres de raison

Guibert, Louis, 1840-1904

French



Standard Print£10.00
Large Print£14.00

We will print you a perfectly bound paperback of your selected title and send it to you at your nominated address


Below is a summary of De l'importance des livres de raison


from images generously made available by the Bibliotheque nationale



DE L’IMPORTANCE DES LIVRES DE RAISON

AU POINT DE VUE ARCHÉOLOGIQUE

PAR

Louis GUIBERT




CAEN, HENRI DELESQUES, IMPRIMEUR-LIBRAIRE

1892




_Extrait du Compte-rendu du LVIIe Congrès archéologique de France_ tenu en
1890, à Brive




Les _Livres de raison_, tenus jadis au foyer de presque toutes nos familles
de moyenne et de petite noblesse, de magistrature, de riche bourgeoisie,
--en usage chez les artisans des villes comme chez les propriétaires
ruraux, avaient été, jusqu'à ces dernières années, complètement négligés
par les érudits. Il y a cinquante ans, nul ne songeait à les disputer
aux rats, aux vers et à l'humidité, à les tirer de la poussière des
greniers où ils dormaient oubliés depuis la Révolution,--depuis plus
longtemps, peut-être; car, bien avant 1789, les liens de la famille
s'étaient relâchés, et le respect des traditions avait perdu son empire.
A peine quelques descendants respectueux avaient-ils pris les précautions
indispensables pour soustraire les notes intimes de leurs ancêtres à
toutes les causes de destruction qui les menaçaient. Un certain nombre de
manuscrits domestiques furent ainsi sauvés; mais on ne les feuilleta
guère, et, dans ceux qu'on ouvrit, on chercha surtout des renseignements
généalogiques. C'est là sans doute un des genres d'informations qu'on peut
leur demander; mais leur valeur à ce point de vue, si notable qu'elle soit,
constitue un de leurs moindres mérites, et ils présentent, à beaucoup
d'autres égards, un intérêt plus sérieux et d'un ordre incomparablement
plus élevé.

Tout le reste, néanmoins, n'importait guère à cette époque, pourtant si peu
éloignée de nous. La science sociale n'existait pas encore, et les grandes
questions qu'elle devait agiter plus tard se devinaient à peine derrière
les formules si discutées de l'économie politique. L'archéologie
entrevoyait les larges perspectives de l'horizon qu'embrasse aujourd'hui
son regard; mais comme sa marche était chancelante et laborieux ses
progrès! Que d'incertitudes, que d'hésitations, de lenteurs, faute de
points de départ fixes, de points de comparaison bien reconnus et bien
déterminés, faute d'une méthode scientifique, d'une critique un peu sévère,
de rigoureuses définitions!... Pour l'histoire, elle croyait avoir tout dit
quand elle avait retracé avec plus ou moins de fidélité les grands chocs
des peuples, la succession des monarques, les événements principaux de
chaque règne, les bruyantes et monotones vicissitudes des batailles. Que
pouvaient fournir à des récits d'aussi haute volée les modestes registres
de ces marchands, de ces notaires, de ces gentils-hommes de campagne? Un
jour vint pourtant où l'histoire élargit le champ de ses investigations,
aperçut le peuple tout entier au-dessous du prince et entreprit de scruter
la vie des diverses classes de la nation dans tous ses détails. Quelques
chercheurs s'avisèrent de l'intérêt qu'offriraient les témoignages
des livres de raison, bien moins suspects que les mémoires ou les
correspondances des gens de cour. On ouvrit donc les vieux registres,
que des mains filiales avaient seules touchés pendant des siècles, et on
les interrogea avec une certaine curiosité, mais avec trop de respect
peut-être: il faut dire qu'ils étaient de mine passablement rébarbative,
et que tout, dans la plupart de ces vénérables volumes, semblait fait pour
décourager le lecteur: l'écriture, d'un déchiffrement parfois malaisé, la
multiplicité des abréviations et des signes d'apparence cabalistique,
le désordre des documents, les intercalations fréquentes, la forme même
des actes et des notes, l'obscurité de maint passage, le défaut absolu
d'intérêt d'un grand nombre de mentions. Mais quand le travailleur avait
vaincu les premières difficultés et s'était familiarisé avec son manuscrit,
quelles larges compensations celui-ci lui réservait! Que de révélations
charmantes! Que de bonnes fortunes imprévues!

Un écrivain de talent et de coeur, M. Charles de Ribbe, réussit enfin
A appeler sur cette catégorie de documents l'attention du grand public
En même temps qu'il faisait apprécier toute leur valeur, toute la
Variété de leurs ressources aux érudits. Grâce à lui, tout le monde,
depuis une quinzaine d'années, a largement puisé à cette nouvelle source
d'informations. Le retard même qu'on a mis à y recourir semble accroître
l'ardeur passionnée avec laquelle on recherche, on signale, on dépouille,
on scrute nos vieux manuscrits domestiques.

Nul n'ignore aujourd'hui qu'un livre de raison est un registre où le
Père de famille consignait, avec la mention de tous les événements de
Quelque importance survenus dans sa maison ou intéressant les siens, le
compte-rendu détaillé de sa gestion du patrimoine et les faits qui avaient
pu influer sur cette gestion. Le livre de raison—-_liber rationis, liber
rationum_-—est avant tout et surtout, comme son nom l'indique, un livre de
comptes. Ce sont donc des comptes qu'on doit s'attendre à y trouver. Mais
le budget d'une famille résume son histoire et sa vie tout entière. Le Play

Back
Your Defaults
Currency
Login
You are currently not signed in.

If you have an account with us already, please follow the link below to login. Click here to login

If you are a first time customer, an account will be created when you visit the checkout for the first time.

Listen here to our appearance on radio 5Live.

Terms and conditions
Limited Liability Partnership No. OC 317068
Vat No. 875 8524 74

Tel:+44 207 476 3561