Search
Search by:

Language:



Title:

Author:

Keyword:

Library of Lost Books
Privately Published Books
Academic Papers & Technical Manuals



Browse By Title:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Browse By Author:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


L'argent des autres - I. Les hommes de paille

Gaboriau, Émile, 1836-1873

French



Standard Print£10.00
Large Print£14.00

We will print you a perfectly bound paperback of your selected title and send it to you at your nominated address


This is approximatly the first 1,000 words of L'argent des autres - I. Les hommes de paille

L'ARGENTDES AUTRES

PAR

ÉMILE GABORIAU



I.LES HOMMES DE PAILLE





[Note du transcripteur: Ce texte utilise l'orthographe du XIXe siècle:siège = siége, complètement = complétement, etc.]

I



Vainement on chercherait dans Paris une rue pluspaisible que la rue Saint-Gilles, au Marais, à deuxpas de la place Royale.

Là, pas de voitures, jamais de foule. A peine le silencey est rompu par les sonneries réglementairesde la caserne des Minimes, par les cloches de l'égliseSaint-Louis ou par les clameurs joyeuses des élèvesde l'institution Massin à l'heure des récréations.

Le soir, bien avant dix heures, et quand le boulevardBeaumarchais est encore plein de vie, de mouvementet de bruit, tout se ferme. Une à une s'éteignentles grandes fenêtres à tout petits carreaux. Etsi, passé minuit, quelque bourgeois regagne son logis,il hâte le pas, inquiet de la solitude et préoccupédes reproches de son concierge qui lui demanderad'où il peut bien revenir si tard.

En une telle rue, tout le monde se connaît, les maisonsn'ont pas de mystère, les familles pas de secrets.

C'est la petite ville, où l'oisiveté curieuse a toujoursun coin de son rideau sournoisement relevé, où lescancans poussent aussi dru que l'herbe entre les pavés.

Aussi, le 27 avril 1872, un samedi, dans l'après-midi,remarqua-t-on rue Saint-Gilles, un fait qui partoutailleurs eût passé inaperçu.

Un homme d'une trentaine d'années, portant la livréede travail des serviteurs de bonne maison, le longgilet rayé et le tablier à pièce, s'en allait de porte enporte...

—Qui donc cherche ce domestique? se demandaientles rentières désoeuvrées, tout en suivant ses évolutions.

Il ne cherchait personne. Aux gens qu'il abordait,il racontait qu'il était envoyé par une cousine à lui,excellente cuisinière, laquelle, avant d'entrer en placechez des bourgeois du quartier, tenait comme dejuste à prendre ses renseignements. Et cela dit:

—Connaissez-vous, interrogeait-il, M. VincentFavoral?

Concierges et boutiquiers ne connaissaient que lui,car il y avait plus d'un quart de siècle qu'au lendemainde son mariage, M. Vincent Favoral était venus'installer rue Saint-Gilles, et ses deux enfants yétaient nés: son fils, M. Maxence, et sa fille, Mlle Gilberte.

Il occupait le second étage de la maison qui portele numéro 38, une de ces bonnes vieilles maisonscomme on n'en bâtit plus, depuis que les terrains sevendent quinze cents francs le mètre, où l'espace n'estpas sordidement mesuré, où les escaliers à rampe defer forgé sont larges et faciles, où les pièces sontspacieuses, et les plafonds hauts de douze pieds.

—Certes, nous connaissons M. Favoral, répondaientles gens que questionnait le domestique, et si jamaishonnête homme a existé, c'est certainement lui. Envoilà un auquel on aurait du plaisir à confier ses fonds,si on en avait. Ce n'est pas lui qui jamais filera enBelgique en emportant sa caisse.

Et ils expliquaient que M. Favoral était caissierprincipal et même probablement un des gros actionnairesdu Comptoir de crédit mutuel, une de ces admirablesinstitutions financières qui ont surgi avec le secondEmpire et qui gagnaient à la Bourse leur premierbanco le jour où se jouait dans la rue la partie

Back
Your Defaults
Currency
Login
Email Password
Terms and conditions
Limited Liability Partnership No. OC 317068
Vat No. 875 8524 74

Tel:+44 207 476 3561