Mémoires secrets de Fournier l'Américain
Fournier, Claude, 1745-1825
French
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Below is a summary of Mémoires secrets de Fournier l'Américain
SOCIETE DE L'HISTOIRE DE LA REVOLUTION FRANCAISE
* * * * *
MEMOIRES SECRETS DE Fournier l'Americain
PUBLIES POUR LA PREMIERE FOIS D'APRES LE MANUSCRIT DES ARCHIVES
NATIONALES
AVEC INTRODUCTION ET NOTES PAR F.-A. AULARD
[Illustration]
PARIS, AU SIEGE DE LA SOCIETE
4, RUE DE FURSTENBERG, 4
1890
INTRODUCTION
I
Claude Fournier l'Heritier, dit l'_Americain_ a cause de son long sejour
a Saint-Domingue, naquit a Auzon (Haute-Loire), le 21 decembre 1745[1].
Il etait fils d'un tisserand. Vers l'age de quinze ans[2], il alla
chercher fortune aux colonies et passa vingt et une annees a
Saint-Domingue. Il dit y avoir servi pendant seize ans dans les dragons
des milices bourgeoises. Il y fonda une guildiverie, ou fabrique de
tafia, qui, dit-il, prospera; mais, elle fut detruite par un incendie
que Fournier attribua a la malveillance de ses voisins. Ruine, il revint
en France pour demander justice et harcela les ministres de ses placets.
En 1785, il obtint du ministre de la marine une pension de 500 livres
par mois, mais elle ne lui fut jamais payee.
[Note 1: Voici son acte de naissance: "Claude Fournier, fils a autre
Claude, cadissier de cette ville, et a Jeanne Lheritier, ses pere et
mere, maries, ne hier, et a ete baptise par moi, cure, soussigne, le 22
decembre 1745. Parrain: Claude Fournier, horloger; sa marraine:
Elisabeth Pruneyres, de cette ville. Ont ete presents: Joseph Fournier
et Antoine de Mathieu, boulanger, oncles. Ils ont signe a la minute, a
l'exception de la marraine qui a declare ne savoir signer. MARTINON,
cure chanoine."--Nous devons communication de cet extrait du registre de
la paroisse de Saint-Laurent d'Auzon a l'obligeance d'un erudit habitant
de Brioude, M. Paul Le Blanc.]
[Note 2: D'apres un de ses biographes, M.H. Doniol, il aurait ete, avant
son depart, domestique chez un officier de marine a Auzon, puis chez un
officier de cavalerie a Clermont. (_L'Art et l'Archeologie en province_,
t. IX, p. 72.)]
Quand la Revolution eclata, il y joua un role actif auquel il avoue
avoir ete determine autant par mecontentement que par conviction.
Il fut certainement un des premiers qui, a la veille de la prise de la
Bastille, organiserent une force armee revolutionnaire. On le vit parmi
les acteurs les plus energiques des journees des 5 et 6 octobre 1789, du
17 juillet 1791, du 20 juin et du 10 aout 1792. Il commanda la troupe de
Marseillais et de gardes nationaux parisiens qui servit d'escorte aux
prisonniers detenus a Orleans et les mena a Versailles, ou ils furent
massacres le 8 septembre 1792.
Cette partie de la vie de Fournier (juillet 1789 a septembre 1792) fait
l'objet de ses memoires: nous n'avons donc pas a la raconter.
La conduite tenue par Fournier dans l'affaire des prisonniers d'Orleans
lui attira les accusations les plus graves. On l'accusa a la fois
d'assassinat et de vol.
Il semble pourtant qu'il fut etranger aux massacres dont ces prisonniers
furent victimes a Versailles. Ceux-ci avaient ete separes de leur
escorte par la foule, et Fournier n'etait pas a leurs cotes quand ils
perirent. D'autre part, les eloges publics et ecrits que Roland donna a
Fournier semblent le disculper a tous les points de vue. En effet, le 6
octobre 1792, Roland ecrivait a la Convention pour lui signaler la
conduite _edifiante_ de Fournier et demander "un dedommagement pour ce
citoyen, qui a montre beaucoup de zele et de patriotisme[3]"; et, le 14,
il adressait au meme personnage une lettre de felicitations[4].
[Note 3: Mortimer-Ternaux, _Histoire de la Terreur_, III, 594.]
[Note 4: Papiers de Fournier, aux Archives nationales, F7 6504.]
Il est fort possible que Fournier ait traite durement les prisonniers
confies a sa garde, mais la _septembrisade_ de Versailles ne doit pas
lui etre imputee.
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