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La vampire

Féval, Paul H. C., 1817-1887

French



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Below is a summary of La vampire


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LA VAMPIRE

par

PAUL FÉVAL




AVANT-PROPOS


Ceci est une étrange histoire dont le fond, rigoureusement
authentique, nous a été fourni comme les neuf dixièmes des matériaux
qui composent ce livre, par le manuscrit du «papa Sévérin».

Mais le hasard, ici, est venu ajouter, aux renseignements exacts
donnés par l'excellent homme, d'autres renseignements qui nous ont
permis d'expliquer certains faits que notre héroïque bonne d'enfants
des Tuileries regardait comme franchement surnaturels.

Ces éclaircissements, grâce auxquels ce drame fantastique va passer
sous les yeux du lecteur dans sa bizarre et sombre réalité, sont
puisés à deux sources: une page inédite de la correspondance du duc de
Rovigo, qui eut, comme on sait, la confiance intime de l'empereur
et qui fut chargé, pendant la retraite de Fouché (1802-1804), de
contrôler militairement la police générale, dont les bureaux étaient
administrativement réunis au département de la justice, dirigé par le
grand-juge Régnier, duc de Massa.

Ceci est la première source. La seconde, tout orale, consiste en
de nombreuses conversations avec le respectable M.G----, ancien
secrétaire particulier du comte Dubois, préfet de police à la même
époque.

Nous nous occuperons peu des événements politiques, intérieurs, qui
tourmentèrent cette période, précédant immédiatement le couronnement
de Napoléon. Saint-Rejant, Pichegru, Moreau, la machine infernale
n'entrent point dans notre sujet et c'est à peine si nous verrons
passer ce gros homme, Bru, tus de la royauté, audacieux et solide
comme un conjuré antique: Georges Cadoudal.

Les guerres étrangères nous prendront encore moins de place. On
n'entendait en 1804 que le lointain canon de l'Angleterre.

Nous avons à raconter un épisode, historique il est vrai, mais
bourgeois, et qui n'a aucun trait ni à l'intrigue du cabinet ni aux
victoires et conquêtes.

C'est tout bonnement une page de la biographie secrète de ce géant
qu'on nomme Paris et qui, en sa vie, eut tant d'aventures!

Laissons donc de côté les cinq cents volumes de mémoires diffus qui
disent le blanc et le noir sur cette grande crise de notre Révolution,
et tournant le dos au château où la main crochue de ce bon M.
Bourrienne griffonne quelques vérités parmi des monceaux de mensonges
bien payés, plongeons-nous de parti pris dans le fourré le plus
profond de la forêt parisienne.

Nous avons l'espoir que le lecteur n'aura pas oublié cette touchante
et sereine figure qui traverse les pages de notre introduction. Il n'y
a que des récits dans ce livre: notre préface elle-même était encore
un récit, dont le héros se nommait le «papa Sévérin».

Nous avons la certitude que le lecteur se souvient d'une autre
physionomie, tendre et bonne aussi, mais d'une autre manière, moins
austère et plus mâle, plus tourmentée, moins pacifique surtout: le
chantre de Saint-Sulpice, le prévôt d'armes qui, dans la _Chambre des
Amours_, enseigna si rudement ce beau coup droit, dégagé main sur
main, à M. le baron de Guitry, gentilhomme de la chambre du roi
Louis XVI.

Un Sévérin aussi: Sévérin, dit Gâteloup.

Ce Gâteloup, presque vieillard, et papa Sévérin presque enfant, vont
avoir des rôles dans cette histoire.

L'un était le père de l'autre.

Et s'il m'était permis de descendre encore plus avant dans nos communs
souvenirs, je vous rappellerais cette chère petite famille, composée
de cinq enfants qui ne se ressemblaient point, et dont papa Sévérin
était la bonne aux Tuileries: Eugénie, Angèle et Jean qui avaient le
même âge, Louis et Julien, des bambins.

Ces cinq êtres, abandonnés, orphelins, mais à qui Dieu clément avait
rendu le meilleur des pères, reviendront tous et chacun sous notre
plume. Ils forment à eux cinq, dans la personne de leurs parents, la
légende lamentable du suicide.

Papa Sévérin avait dit en montrant Angèle, la plus jolie de ces
petites filles, et celle dont la précoce pâleur nous frappa comme un
signe de fatalité:

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