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Georges

Dumas père, Alexandre, 1802-1870

French



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Below is a summary of Georges

Alexandre Dumas

GEORGES

(1843)


Table des matières

Chapitre I—L'île de France
Chapitre II—Lions et léopards
Chapitre III—Trois enfants
Chapitre IV—Quatorze ans après
Chapitre V—L'enfant prodigue
Chapitre VI—Transfiguration
Chapitre VII—La berloque
Chapitre VIII—La toilette du nègre marron
Chapitre IX—La rose de la rivière noire
Chapitre X—Le bain
Chapitre XI—Le prix des nègres
Chapitre XII—Le bal
Chapitre XIII—Le négrier
Chapitre XIV—Philosophie négrière
Chapitre XV—La boîte de Pandore
Chapitre XVI—La demande en mariage
Chapitre XVII—Les courses
Chapitre XVIII—Laïza
Chapitre XIX—Le Yamsé
Chapitre XX—Le rendez-vous
Chapitre XXI—Le refus
Chapitre XXII—La révolte
Chapitre XXIII—Un cœur de père
Chapitre XXIV—Les grands bois
Chapitre XXV—Juge et bourreau
Chapitre XXVI—La chasse aux nègres
Chapitre XXVII—La répétition
Chapitre XXVIII—L'église du Saint-Sauveur
Chapitre XXIX—Le «Leycester»
Chapitre XXX—Le combat
Bibliographie—Œuvres complètes

Chapitre I—L'île de France

Ne vous est-il pas arrivé quelquefois, pendant une de ces longues,tristes et froides soirées d'hiver, où, seul avec votre pensée, vousentendiez le vent siffler dans vos corridors, et la pluie fouettercontre vos fenêtres; ne vous est-il pas arrivé, le front appuyé contrevotre cheminée, et regardant, sans les voir, les tisons pétillants dansl'âtre; ne vous est-il pas arrivé, dis-je, de prendre en dégoût notreclimat sombre, notre Paris humide et boueux, et de rêver quelque oasisenchantée, tapissée de verdure et pleine de fraîcheur, où vous puissiez,en quelque saison de l'année que ce fût, au bord d'une source d'eauvive, au pied d'un palmier, à l'ombre des jambosiers, vous endormir peuà peu dans une sensation de bien-être et de langueur?

Eh bien, ce paradis que vous rêviez existe; cet Eden que vous convoitiezvous attend; ce ruisseau qui doit bercer votre somnolente sieste tombeen cascade et rejaillit en poussière; le palmier qui doit abriter votresommeil abandonne à la brise de la mer ses longues feuilles, pareillesau panache d'un géant. Les jambosiers, couverts de leurs fruits irisés,vous offrent leur ombre odorante. Suivez-moi; venez.

Venez à Brest, cette sœur guerrière de la commerçante Marseille,sentinelle armée qui veille sur l'Océan; et là, parmi les cent vaisseauxqui s'abritent dans son port, choisissez un de ces bricks à la carèneétroite, à la voilure légère; aux mâts allongés comme en donne à ceshardis pirates le rival de Walter Scott, le poétique romancier de lamer. Justement nous sommes en septembre, dans le mois propice aux longsvoyages. Montez à bord du navire auquel nous avons confié notre communedestinée, laissons l'été derrière nous, et voguons à la rencontre duprintemps. Adieu, Brest! Salut, Nantes! Salut, Bayonne! Adieu, France!

Voyez-vous, à notre droite, ce géant qui s'élève à dix mille pieds dehauteur, dont la tête de granit se perd dans les nuages, au-dessusdesquels elle semble suspendue, et dont, à travers l'eau transparente,on distingue les racines de pierre qui vont s'enfonçant dans l'abîme?C'est le pic de Ténériffe, l'ancienne Nivaria, c'est le rendez-vous desaigles de l'Océan que vous voyez tourner autour de leurs aires et quivous paraissent à peine gros comme des colombes. Passons, ce n'est pointlà le but de notre course; ceci n'est que le parterre de l'Espagne, etje vous ai promis le jardin du monde.

Voyez-vous, à notre gauche, ce rocher nu et sans verdure que brûleincessamment le soleil des tropiques? C'est le roc où fut enchaîné sixans le Prométhée moderne; c'est le piédestal où l'Angleterre a élevéelle-même la statue de sa propre honte; c'est le pendant du bûcher deJeanne d'Arc et de l'échafaud de Marie Stuart; c'est le Golgothapolitique, qui fut dix-huit ans le pieux rendez-vous de tous lesnavires; mais ce n'est point encore là que je vous mène. Passons, nousn'avons plus rien à y faire: la régicide Sainte Hélène est veuve des

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