Carnet d un inconnu - (Stépantchikovo)
Dostoyevsky, Fyodor, 1821-1881
French
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Below is a summary of Carnet d un inconnu - (Stépantchikovo)
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
CARNET D'UN INCONNU
(STÉPANTCHIKOVO)
traduit du russe par
J.-W. Bienstock et Charles Torquet -- 1906
Table des matières
PREMIÈRE PARTIE
I INTRODUCTION
II MONSIEUR BAKHTCHEIEV
III MON ONCLE
IV LE THÉ
V ÉJÉVIKINE
VI LE BOEUF BLANC ET KAMARINSKI LE PAYSAN
VII FOMA FOMITCH
VIII DÉCLARATION D'AMOUR
IX VOTRE EXCELLENCE
X MIZINTCHIKOV
XI UN GRAND ÉTONNEMENT
XII LA CATASTROPHE
SECONDE PARTIE
I LA POURSUITE
II NOUVELLES
III LA FÊTE D'ILUCHA
IV L'EXIL
V FOMA FOMITCH ARRANGE LE BONHEUR GÉNÉRAL
VI CONCLUSION
PREMIÈRE PARTIE
I
INTRODUCTION
Sa retraite prise, mon oncle, le colonel Yégor Ilitch Rostaniev,
se retira dans le village de Stépantchikovo où il vécut en parfait
hobereau. Contents de tout, certains caractères se font à tout;
tel était le colonel. On s'imaginerait difficilement homme plus
paisible, plus conciliant et, si quelqu'un se fût avisé de voyager
sur son dos l'espace de deux verstes, sans doute l'eût-il obtenu.
Il était bon à donner jusqu'à sa dernière chemise sur première
réquisition.
Il était bâti en athlète, de haute taille et bien découplé, avec
des joues roses, des dents blanches comme l'ivoire, une longue
moustache d'un blond foncé, le rire bruyant, sonore et franc, et
s'exprimait très vite, par phrases hachées. Marié jeune, il avait
aimé sa femme à la folie, mais elle était morte, laissant en son
coeur un noble et ineffaçable souvenir. Enfin, ayant hérité du
village de Stépantchikovo, ce qui haussait sa fortune à six cents
âmes, il quitta le service et s'en fut vivre à la campagne avec
son fils de huit ans, Hucha, dont la naissance avait coûté la vie
de sa mère, et sa fillette Sachenka, âgée de quinze ans, qui
sortait d'un pensionnat de Moscou où on l'avait mise après ce
malheur. Mais la maison de mon oncle ne tarda pas à devenir une
vraie arche de Noé. Voici comment.
Au moment où il prenait sa retraite après son héritage, sa mère,
la générale Krakhotkine, perdit son second mari, épousé quelque
seize ans plus tôt, alors que mon oncle, encore simple cornette,
pensait déjà à se marier.
Longtemps elle refusait son consentement à ce mariage, versant
d'abondantes larmes, accusant mon oncle d'égoïsme, d'ingratitude,
d'irrespect. Elle arguait que la propriété du jeune homme
suffisait à peine aux besoins de la famille, c'est-à-dire à ceux
de sa mère avec son cortège de domestiques, de chiens, de chats,
etc. Et puis, au beau milieu de ces récriminations et de ces
larmes, ne s'était-elle pas mariée tout à coup avant son fils?
Elle avait alors quarante-deux ans. L'occasion lui avait paru
excellente de charger encore mon pauvre oncle, en affirmant
qu'elle ne se mariait que pour assurer à sa vieillesse l'asile
refusé par l'égoïste impiété de son fils et cette impardonnable
insolence de prétendre se créer un foyer.
Je n'ai jamais pu savoir les motifs capables d'avoir déterminé un
homme aussi raisonnable que le semblait être feu le général
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