L abîme
Dickens, Charles, 1812-1870;Collins, Wilkie, 1824-1889
French
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Below is a summary of L abîme
Charles Dickens et Wilkie Collins
L'ABÎME
Roman anglais traduit avec l'autorisation de l'auteur par Madame Judithde la Comédie Française
Nouvelle édition Librairie Hachette et Cie.
1918
Table des matières
Quel jour du mois et de l'année? Le 13 Novembre 1835. Quelle heure? Dixheures du soir sonnant à la grande horloge de St. Paul.
En même temps toutes les églises de la ville ouvrent leurs gosiers debronze et forcent leurs voix. Quelques-unes ont inconsidérément commencéde chanter avant la Cathédrale; d'autres n'y vont pas si vite et sont enretard de quatre, de six coups sur la grosse cloche. Cependant toutes sesuivent d'assez près pour laisser ensemble dans l'air une même résonancelongue et plaintive. On dirait que le père ailé qui dévore ses enfantsdécrit une courbe retentissante, avec sa faux gigantesque, au-dessus dela Cité.
Quelle est cette cloche plus sourde et plus triste que toutes lesautres, plus proche aussi de notre oreille?... Ce soir-là elle retardesi fort que ses vibrations persistent seules, longtemps après que toutautre son s'est éteint dans l'air. C'est la cloche de l'Hospice desEnfants Trouvés.
Jadis les enfants y étaient reçus sans enquête. Un tour pratiqué dans lamuraille s'ouvrait et se refermait discrètement. Il n'en est plus ainsiaujourd'hui. On prend des informations sur les pauvres petits hôtes, onles reçoit par faveur des mains de leurs mères. Ces malheureuses mèresdoivent renoncer à les revoir, à les réclamer même, et cela pour jamais!Ce soir, la lune est dans son plein, la nuit est assez douce. La journéen'a pourtant pas été belle; la boue épaissie par les larmes dubrouillard recouvre les rues d'une couche noirâtre, et, certes, il faut,pour éviter l'atteinte pénétrante, que la dame voilée qui se promène delong en large soit bien et solidement chaussée.
Elle marche évitant la place des fiacres; on la voit s'arrêter de tempsen temps dans l'ombre de la partie occidentale de ce grand murquadrangulaire, le visage tourné vers une petite porte dérobée.Au-dessus de sa tête se déploie le ciel pur, éclairé par cette lunebrillante, les souillures du pavé s'étendent sous ses pas, et son espritest divisé entre des pensées bien différentes, les unes presqueheureuses, les autres cruelles. Son cœur ne lui parle point le mêmelangage que l'expérience impitoyable; l'empreinte de ses pieds sesuccédant aux mêmes places dans cette boue noire a fini par y tracercomme un labyrinthe: ne serait-ce point là l'image de sa vie, desobstacles que le hasard a dressés devant elle, et du dédale inextricableoù ses fautes l'ont engagée?
La porte dérobée s'ouvrit alors, et une jeune femme sortit de l'Hospice.
La dame voilée se tint d'abord à l'écart, observant de tous ses yeux.Ayant vu la porte se refermer elle se mit à suivre la jeune femme.
Elles traversèrent ainsi deux rues en silence. La dame voilée, enfin,étendit la main vers celle qu'elle suivait et la toucha. La jaune femme
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