David Copperfield - Tome I
Dickens, Charles, 1812-1870
French
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Charles Dickens
DAVID COPPERFIELD
Tome I
(1849 - 1850)
Traduction P. Lorain
Table des matières
CHAPITRE PREMIER. Je viens au monde.
CHAPITRE II. J'observe.
CHAPITRE III. Un changement.
CHAPITRE IV. Je tombe en disgrâce.
CHAPITRE V. Je suis exilé de la maison paternelle.
CHAPITRE VI. J'agrandis le cercle de mes connaissances.
CHAPITRE VII. Mon premier semestre à Salem-House.
CHAPITRE VIII. Mes vacances, et en particulier certaine après-
midi où je fus bien heureux.
CHAPITRE IX. Je n'oublierai jamais cet anniversaire de ma
naissance.
CHAPITRE X. On me néglige d'abord, et puis me voilà pourvu.
CHAPITRE XI. Je commence à vivre à mon compte, ce qui ne m'amuse
guère.
CHAPITRE XII. Comme cela ne m'amuse pas du tout de vivre à mon
compte, je prends une grande résolution.
CHAPITRE XIII. J'exécute ma résolution.
CHAPITRE XIV. Ce que ma tante fait de moi.
CHAPITRE XV. Je recommence.
CHAPITRE XVI. Je change sous bien des rapports.
CHAPITRE XVII. Quelqu'un qui rencontre une bonne chance.
CHAPITRE XVIII. Un regard jeté en arrière.
CHAPITRE XIX. Je regarde autour de moi et je fais une découverte.
CHAPITRE XX. Chez Steerforth.
CHAPITRE XXI. La petite Émilie.
CHAPITRE XXII. Nouveaux personnages sur un ancien théâtre.
CHAPITRE XXIII. Je corrobore l'avis de M. Dick et je fais choix
d'une profession.
CHAPITRE XXIV. Mes premiers excès.
CHAPITRE XXV. Le bon et le mauvais ange.
CHAPITRE XXVI. Me voilà tombé en captivité.
CHAPITRE XXVII. Tommy Traddles.
CHAPITRE XXVIII. Il faut que M. Micawber jette le gant à la
société.
CHAPITRE XXIX. Je vais revoir Steerforth chez lui.
CHAPITRE XXX. Une perte.
CHAPITRE PREMIER.
Je viens au monde.
Serai-je le héros de ma propre histoire ou quelque autre y
prendra-t-il cette place? C'est ce que ces pages vont apprendre au
lecteur. Pour commencer par le commencement, je dirai donc que je
suis né un vendredi, à minuit (du moins on me l'a dit, et je le
crois). Et chose digne de remarque, l'horloge commença à sonner,
et moi, je commençai à crier, au même instant.
Vu le jour et l'heure de ma naissance, la garde de ma mère et
quelques commères du voisinage qui me portaient le plus vif
intérêt longtemps avant que nous pussions faire mutuellement
connaissance, déclarèrent: 1° que j'étais destiné à être
malheureux dans cette vie; 2° que j'aurais le privilège de voir
des fantômes et des esprits. Tout enfant de l'un ou de l'autre
sexe assez malheureux pour naître un vendredi soir vers minuit
possédait invariablement, disaient-elles, ce double don.
Je ne m'occupe pas ici de leur première prédiction. La suite de
cette histoire en prouvera la justesse ou la fausseté. Quant au
second point, je me bornerai à remarquer que j'attends toujours, à
moins que les revenants ne m'aient fait leur visite quand j'étais
encore à la mamelle. Ce n'est pas que je me plaigne de ce retard,
bien au contraire: et même si quelqu'un possède en ce moment cette
portion de mon héritage, je l'autorise de tout mon coeur à la
garder pour lui.
Je suis né _coiffé_: on mit ma coiffe en vente par la voie des
annonces de journaux, au très-modique prix de quinze guinées. Je
ne sais si c'est que les marins étaient alors à court d'argent, ou
s'ils n'avaient pas la foi et préféraient se confier à des
ceintures de liège, mais ce qu'il y a de positif, c'est qu'on ne
reçut qu'une seule proposition; elle vint d'un courtier de
commerce qui offrait cinquante francs en argent, et le reste de la
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