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Cantique de Noël

Dickens, Charles, 1812-1870

French



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Below is a summary of Cantique de Noël










Charles Dickens



CANTIQUE DE NOËL

EN PROSE



Table des matières

Premier couplet Le spectre de Marley
Deuxième couplet Le premier des trois esprits
Troisième couplet Le second des trois esprits
Quatrième couplet Le dernier esprit
Cinquième couplet La conclusion



Premier couplet

Le spectre de Marley

Marley était mort, pour commencer. Là-dessus, pas l'ombre d'un
doute. Le registre mortuaire était signé par le ministre, le
clerc, l'entrepreneur des pompes funèbres et celui qui avait mené
le deuil. Scrooge l'avait signé, et le nom de Scrooge était bon à
la bourse, quel que fût le papier sur lequel il lui plût d'apposer
sa signature.

Le vieux Marley était aussi mort qu'un clou de porte.[1]

Attention! je ne veux pas dire que je sache par moi-même ce qu'il
y a de particulièrement mort dans un clou de porte. J'aurais pu,
quant à moi, me sentir porté plutôt à regarder un clou de cercueil
comme le morceau de fer le plus mort qui soit dans le commerce;
mais la sagesse de nos ancêtres éclate dans les similitudes, et
mes mains profanes n'iront pas toucher à l'arche sainte; autrement
le pays est perdu. Vous me permettrez donc de répéter avec énergie
que Marley était aussi mort qu'un clou de porte.

Scrooge savait-il qu'il fût mort? Sans contredit. Comment aurait-
il pu en être autrement? Scrooge et lui étaient associés depuis je
ne sais combien d'années. Scrooge était son seul exécuteur
testamentaire, le seul administrateur de son bien, son seul
légataire universel, son unique ami, le seul qui eût suivi son
convoi. Quoiqu'à dire vrai, il ne fût pas si terriblement
bouleversé par ce triste événement, qu'il ne se montrât un habile
homme d'affaires le jour même des funérailles et qu'il ne l'eût
solennisé par un marché des plus avantageux.

La mention des funérailles de Marley me ramène à mon point de
départ. Il n'y a pas de doute que Marley était mort: ceci doit
être parfaitement compris, autrement l'histoire que je vais
raconter ne pourrait rien avoir de merveilleux. Si nous n'étions
bien convaincus que le père d'Hamlet est mort, avant que la pièce
commence, il n'y aurait rien de plus remarquable à le voir rôder
la nuit, par un vent d'est, sur les remparts de sa ville, qu'à
voir tout autre monsieur d'un âge mûr se promener mal à propos au
milieu des ténèbres, dans un lieu rafraîchi par la brise, comme
serait, par exemple, le cimetière de Saint-Paul, simplement pour
frapper d'étonnement l'esprit faible de son fils.

Scrooge n'effaça jamais le nom du vieux Marley. Il était encore
inscrit, plusieurs années après, au-dessus de la porte du magasin:
_Scrooge et Marley_. La maison de commerce était connue sous la
raison Scrooge et Marley. Quelquefois des gens peu au courant des
affaires l'appelaient Scrooge-Scrooge, quelquefois Marley tout
court; mais il répondait également à l'un et à l'autre nom; pour
lui c'était tout un.

Oh! il tenait bien le poing fermé sur la meule, le bonhomme
Scrooge! Le vieux pécheur était un avare qui savait saisir
fortement, arracher, tordre, pressurer, gratter, ne point lâcher
surtout! Dur et tranchant comme une pierre à fusil dont jamais
l'acier n'a fait jaillir une étincelle généreuse, secret, renfermé
en lui-même et solitaire comme une huître. Le froid qui était au
dedans de lui gelait son vieux visage, pinçait son nez pointu,
ridait sa joue, rendait sa démarche roide et ses yeux rouges,
bleuissait ses lèvres minces et se manifestait au dehors par le
son aigre de sa voix. Une gelée blanche recouvrait constamment sa
tête, ses sourcils et son menton fin et nerveux. Il portait
toujours et partout avec lui sa température au-dessous de zéro; il
glaçait son bureau aux jours caniculaires et ne le dégelait pas
d'un degré à Noël.

La chaleur et le froid extérieurs avaient peu d'influence sur
Scrooge. Les ardeurs de l'été ne pouvaient le réchauffer, et
l'hiver le plus rigoureux ne parvenait pas à le refroidir. Aucun
souffle de vent n'était plus âpre que lui. Jamais neige en tombant

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