Search
Search by:

Language:



Title:

Author:

Keyword:

Library of Lost Books
Privately Published Books
Academic Papers & Technical Manuals



Browse By Title:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Browse By Author:

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


C'Était ainsi...

Buysse, Cyriel, 1859-1932

French



Standard Print£10.00
Large Print£14.00

We will print you a perfectly bound paperback of your selected title and send it to you at your nominated address


Below is a summary of C'Était ainsi...










C'ÉTAIT AINSI ...

par

CYRIEL BUYSSE

(traduit du Flamand par l'auteur)




A MON FILS
QUI CONNAIT LA FLANDRE
QUI COMPREND L'ESPRIT DE LA FLANDRE
QUI AIME LA FLANDRE


* * * * *


PREMIÈRE PARTIE




I


L'huilerie et la minoterie de M. de Beule formaient un groupe de vieux
bâtiments, à côté d'un beau grand jardin.

Un rentier du village y demeurait jadis. La maison d'habitation était en
bordure de la rue; et les bâtisses, qui plus tard allaient devenir une
fabrique, étaient alors une sorte d'asile abritant des vieillards et
nécessiteux. Le grand jardin les séparait de la maison du rentier, et de
la rue ils avaient leur chemin d'accès.

A la mort du rentier, M. de Beule avait acquis le tout. Il y installa sa
fabrique, d'abord modestement, puis l'agrandit peu à peu, jusqu'à ce
qu'elle absorbât toutes les vieilles maisonnettes. Pleurs et lamentations
des vieillards et des indigents, ainsi contraints, à tour de rôle, de
chercher un autre toit; mais, puisque c'était l'inévitable, ils
finissaient par se résigner. Et même par en tirer profit. Car ceux qui
avaient encore du monde jeune chez eux offraient leurs services à M. de
Beule, qui, de son côté, les employait volontiers à la fabrique, de
préférence à d'autres.

La fabrique de M. de Beule était la seule au village, où elle devenait
un peu synonyme de lumière et de progrès. Les gens se sentaient plus de
goût à travailler dans une usine mue par la vapeur, qu'à peiner dans
l'un ou l'autre atelier où la force motrice était fournie par un cheval
ou un moulin à vent. L'arrivée de cette machine à vapeur,--achetée
d'occasion,--fut un événement sensationnel pour les villageois. Jusque
des environs les gens vinrent contempler la merveille. Les trois
chaudières surtout, une très grande et deux plus petites, firent une
impression énorme. Il fallut trois gros chariots et douze chevaux pour
amener le tout à pied d'oeuvre. Le maître d'école y était, avec tous ses
élèves, pour leur donner sur place une belle leçon de mécanique; M. le
curé et son vicaire également, comme pour apporter leur bénédiction. En
voyant décharger ces engins formidables, on avait l'impression d'assister
à un travail surhumain. Il était dirigé par des ouvriers de la ville,
qui criaient leurs ordres dans un langage que les manoeuvres villageois
ne comprenaient pas toujours. D'où des méprises dangereuses, et qui
provoquaient chez les citadins des jurons effroyables, à la grande
indignation de M. de Beule qui en frémissait, scandalisé à cause de la
présence des ecclésiastiques, et invitait les mécaniciens à modérer
leurs expressions. Avec ses coups de chance et ses contretemps, le
travail d'installation prit un été; et au premier octobre enfin tout fut
prêt et la fabrique «tourna».

Il y avait six pilons, deux jeux de meules verticales à broyer la graine
et deux meules horizontales à moudre le grain. Tout cela se trouvait
dans une sorte de large hangar, bas et sombre, aux noires solives. A
côté, dans une salle plus claire et aménagée avec quelque coquetterie,
comme pour un objet de luxe, était installée la machine à vapeur,
séparée de l'huilerie par un mur aux larges baies vitrées. Par ces baies
et par les fenêtres au mur d'en face, du trou sombre qu'était l'huilerie
on apercevait les pelouses lustrées et la majesté des hautes frondaisons,
dans le beau jardin d'agrément de M. de Beule.

A six heures du matin commençait le travail. Le chauffeur ouvrait le
robinet de vapeur; et lentement, avec un lourd soupir, la machine se
mettait à tourner. Les engrenages mordaient, sur les poulies luisantes
les courroies glissaient en s'étirant comme de grands oiseaux du
crépuscule volant en cage; et les boules de cuivre du régulateur
dansaient une ronde folle, pendant que l'énorme volant traçait son
cercle formidable et noir contre le mur pâle, pareil à une bête
monstrueuse et violente, faisant de vains efforts pour échapper à sa
captivité. Dans la «fosse aux huiliers» les grandes meules aussitôt
écrasaient la menue graine de lin ou de colza, les six fours la
chauffaient, les hommes en emplissaient les sacs de laine, les

Back
Your Defaults
Currency
Login
You are currently not signed in.

If you have an account with us already, please follow the link below to login. Click here to login

If you are a first time customer, an account will be created when you visit the checkout for the first time.

Listen here to our appearance on radio 5Live.

Terms and conditions
Limited Liability Partnership No. OC 317068
Vat No. 875 8524 74

Tel:+44 207 476 3561